Poissonerie_Pupier_011

Je ne sais pas vous mais moi, dans ma volonté de manger bio et durable, il y a bien un produit sur lequel je suis perdue, c’est le poisson. Déjà que ce n’est pas évident de savoir (d’oser ?) le cuisiner, si en plus, on a l’impression de nuire à la planète en faisant un mauvais choix, ça ne va pas du tout. Cette semaine, j’ai donc décidé de vous fournir un résumé clair et concis des "bonnes pratiques" à adopter quand on veut manger du poisson.

1 – De manière générale, consommer les produits de la mer avec modération. Le poisson, c’est bon pour la santé car riche en protéines animales et en omégas 3, soit. Mais sachant que, à l’heure actuelle, 75% des réserves mondiales de poissons sont menacées, il est essentiel de choisir avec discernement, et même avec discrimination, les poissons que l’on consomme afin de préserver la biodiversité marine. Alors, manger du poisson, oui, mais pas n’importe lequel, et pas trop souvent.

2 – Renoncez complètement aux espèces en voie d’extinction : le fameux thon rouge, le cabillaud provenant de l’Atlantique Nord et les espèces des grands fonds (empereur, sabre, grenadier, siki, saumonette). Allez-y mollo sur les crevettes tropicales et le thon Albacore. Mais foncez sur la sardine de l’Atlantique Nord Est, le saumon du Pacifique Nord et les crevettes grises de la Manche et de la Mer du Nord.

Pour savoir précisément quels poissons consommer, téléchargez le guide WWF qui classe les poissons en trois catégories (à privilégier, à consommer avec modération, à éviter). Pour avoir une liste prenant en compte la saisonnalité des poissons, voici celle de Nausicaa. Vous pouvez aussi télécharger le très complet guide de Greenpeace, "Et ta mer, t’y penses ?" qui inclut un tableau des tailles minimales imposées, par espèce, par la réglementation européenne, un tableau des périodes de reproduction ainsi qu’un tableau pour vous aider à diversifier vos sources de protéines tout en préservant l’environnement.

3 – Achetez de préférence du poisson portant la pastille bleue MSC (Marine Stewardship Council), un éco-label soutenu par le WWF-France qui garantit que le produit vient de la pêche durable. L’objectif derrière ce label est de léguer à nos enfants des océans en bonne santé. Méfiez-vous en revanche des labels « pêche durable » qui peuvent fleurir dans les grandes surfaces : ils ne sont pas reconnus.

4 – Posez des questions à votre poissonnier sur l’origine des produits, les périodes de reproduction et les méthodes de pêche. Préférez notamment les méthodes de pêche sélective, comme la ligne ou le casier, au chalut de fond, qui endommage les fonds marins. (Cliquez ici pour en savoir plus sur les techniques de pêche.) Quant aux périodes de reproduction, elles sont à éviter car ce sont des phases où, tous regroupés, les poissons peuvent être capturés en très grand nombre, ce qui met en péril la survie de leur population.

En règle générale, favorisez des poissonniers et écaillers qui respectent la loi européenne concernant l’étiquetage. Selon l’OCDE, la pêche illégale reste en effet l’un des facteurs principaux de la mise en péril de la viabilité de la pêche.

5 – Privilégiez les coquillages, comme les huîtres et les moules, dont l’élevage a très peu d’impact écologique. Amateurs de bigorneaux, coques et autres, vous trouverez ici les informations détaillées du site « Mes courses pour la planète » pour savoir quels coquillages et quels crustacés vous veulent du bien, à vous ainsi qu’à la mer.

NB : Selon Greenpeace, le thon commercialisé en conserve en France est essentiellement de l’Albacore, et un peu de germon. Lisez donc attentivement ce qui est inscrit sur la boîte pour privilégier le germon. La marque Connétable notamment propose des conserves de thon portant le label MSC.
NB2 : Passionné(e) par le sujet ? Retrouvez un blog uniquement consacré à la pêche et l’aquaculture.