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Les opposants au bisphénol A (BPA) ne cachent pas leur satisfaction : une étape vient d’être franchie avec l’interdiction du bisphénol A dans les biberons à l’échelle européenne, au nom du principe de précaution. Le communiqué des experts des pays de l’Union européenne chargés du sujet est tombé hier : la production des biberons contenant du bisphénol sera interdite à partir du 1er mars 2011, puis leur commercialisation et leur importation à partir du 1er juin.

Une utilisation controversée

Le bisphénol A est  une substance chimique présente dans de nombreux emballages alimentaires. Son utilisation est controversée car il aurait un rôle de perturbateur hormonal qui provoquerait notamment des troubles de la fertilité et neurocomportementaux et favoriserait certaines maladies cardiaques, le diabète, voire certains cancers.  

Considéré comme substance toxique au Canada

Dès 2009, le Canada avait interdit la vente et l’importation de biberons contenant cette molécule, que l’on retrouve également dans certains plastiques alimentaires et à l’intérieur des boîtes de conserve et des canettes. Le Canada a même été le premier pays au monde à la classer comme une substance toxique en octobre dernier. Le gouvernement canadien propose désormais un nouvel instrument réglementaire pour s'attaquer aux rejets de bisphénol A contenus dans l'effluent industriel. Le bisphénol A est en effet persistant, ne se dégrade pas dans l'environnement et peut représenter un danger pour les poissons et autres organismes aquatiques.

Une exposition par voie cutanée

Le Parlement français a pour sa part décidé de suspendre la commercialisation de biberons comportant ce composé chimique en juin dernier. Le Danemark a fait de même, tout comme l’Australie et certains états des Etats-Unis. Une sage décision si l’on en croit le rapport de l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) publié en octobreselon lequel le BPA peut pénétrer l’organisme humain par la peau. "On le retrouve dans les urines, le sang et le liquide amniotique d'une grande majorité de la population européenne", précise le communiqué de l’INRA.

Les tickets de caisse mis en cause

Outre les emballages alimentaires, le BPA est en effet présent sous forme libre dans de nombreux papiers thermiques utilisés pour les petits terminaux d’impression (reçus de cartes de crédit, ticketsde caisse, etc). Le Réseau Environnement Santé (RES) a estimé que la présence de bisphénol dans les tickets de caisse en papier thermique restait une voie d'exposition secondaire par rapport à la voie alimentaire, considérée comme la principale source de contamination au composé chimique. Les professionnels seraient cependant plus exposés que le public et le RES demande une évaluation de leur exposition réelle au BPA par des mesures de concentrations urinaires.

Une prochaine interdiction dans les contenants alimentaires ?

Le RES demande en outre que le BPA soit interdit dans tous les contenants alimentaires. Il estime que « les données scientifiques aujourd’hui (sont) suffisantes pour que soient changés les principes qui régissent l’évaluation des risques sanitaires ». En clair, le RES considère que l'agence européenne en charge de la sécurité sanitaire de l'alimentation (EFSA) fait fausse route  en maintenant la DJA (Dose Journalière Admissible) de BPA à 50 µg par jour et par kilo, alors que 95% des études scientifiques montrent l’impact du BPA, notamment chez l’homme.

Conseils de précaution

Le RES propose un « guide conso » pour nous aider à nous prémunir contre le BPA et autres plastiques nocifs. Je vous livre une sélection de leurs conseils :

* Stockez la nourriture dans du verre ou de la céramique ou dans des contenants à base d’acier inoxydable.

* Evitez de chauffer de la nourriture ou des liquides dans des contenants en plastique.

* Evitez les plastiques en polycarbonate (PC) et ceux avec les codes de recyclage n°3 (PVC), n°6 (polystyrène) ou n°7. Pensez 367 comme moyen mnémotechnique. 

Et vous, dans quoi conservez-vous vos aliments ?

NB : Pour agir, vous pouvez signer la pétition pour l’interdiction du BPA dans les plastiques alimentaires.

NB2 : Le RES nous incite également à écrire aux fabricants afin de savoir si l’emballage du produit qui nous concerne contient du BPA, en nous proposant un modèle de lettre.

NB3 : Retrouvez tous mes billets sur le bisphénol ici.