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On a beau être voisins, Greg et moi, ça n’a pas été facile de le rencontrer pour l’interviewer. Entre son emploi du temps chargé et la grippe qui l’a terrassé récemment, nous sommes finalement parvenus à nous retrouver au Sirhale prestigieux salon de la restauration et de l’hôtellerie qui se tient tous les 2 ans à Lyon.

Ce qui marque quand on rencontre Grégory Cuilleron, star montante du monde culinaire français, c’est d’abord cette impression de le connaître sans l’avoir jamais rencontré. Une impression partagée par tous si l'on en juge par sa popularité ! Car interviewer Greg dans un lieu public (qui plus est, un lieu axé sur la gastronomie) et sur un stand très fréquenté (celui de Masse, la « maison du Foie Gras), c'est être interrompus sans arrêt, qui pour une photo, qui pour un autographe, qui par un "Ma femme est amoureuse de vous". Je me savais fan de Greg, mais je ne pensais pas que nous étions si nombreux !

La deuxième impression qui prévaut, ce sont les tonnes de sentiments positifs que Greg éveille chez les autres : bienveillance, admiration, encouragements. Mais pourquoi tant d’amour ?Greg a le contact facile et, sollicité de toutes parts, laisse avec plaisir les fans venir à lui, sans jamais se départir de son sourire. L’attention à l’autre d'un seul regard, la question personnalisée : il agit tel un pro de la com’ qu’il était avant d’être médiatisé (il tenait alors une agence de communication spécialisée dans la gastronomie). Ce trentenaire a également fait preuve de qualités humaines tout au long de l’aventure qui l’a emmené d’Un dîner presque parfait (dont il a remporté la finale en octobre 2009 et dont il a remis le titre en jeu en 2010) à Top Chef 2010 (où il était le seul candidat non-professionnel). Il a toujours gardé l’esprit d’équipe et a volontiers aidé les copains en galère, malgré le poids de la compétition. Une humanité qui a conquis le public, femmes en tête.

De son handicap (il est manchot de naissance), Greg n’a jamais fait état pendant la compétition. Il s’est toutefois déclaré content, a posteriori, d’avoir montré que cela n’est pas un obstacle pour arriver à ses fins. Surtout, il met dorénavant sa médiatisation au service de cette cause en s’investissant auprès de l’Assédea (Association d’étude et d’aide aux enfants amputés), par le biais d'ateliers culinaires, et du centre Léon-Bérard (le centre régional de lutte contre le cancer, situé à Lyon), où il a dernièrement organisé un goûter pour les enfants malades.

Sa médiatisation lui sert aussi à rencontrer ces chefs qu’il admire tant. Il n’a pourtant pas attendu d’être connu pour faire une incursion dans le métier. Nourri à la Cuisine des mousquetairesqu’il regardait avec passion dès son plus jeune âge, il a effectué son stage de découverte de l’entreprise en Troisième à la Tour Rosealors menée de main de maître par Philippe ChaventDepuis, Greg a vu bien d’autres cuisines, et notamment celle du Splendidà Lyon, que lui ouvre régulièrement Georges Blancson parrain de l’aventure Un dîner presque parfait. Il ne cache non plus son admiration pour Michel Troisgros, le brillant descendant de la célèbre famille roannaise, ni, moins attendu, pour Laurent Delarbrele jeune MOF arrivé en avril 2010 pour redorer le blason de la Tour d’Argent.

Reste-t-il des chefs dont il n’a pas goûté la cuisine ?! Eh oui, ce Lyonnais bien ancré chez lui n’a pas encore eu l’occasion de s’aventurer sur les terres froides de Régis Marconen Haute-Loire, ni chez Anne-Sophie Picla seule femme chef triplement étoilée en France, qui perpétue la tradition familiale à Valence. Il rêve aussi d'aller chez Michel Brassur son plateau sauvage de l’Aubrac. Pour le moment, Greg est très occupé par sa propre actualité, entre le tournage de ses chroniques pour l’émission de Cyril Lignac, MIAM(Mon Invitation A Manger), son livre de cuisinesorti en octobre dernier, et surtout, la réalisation d’un vieux rêve.

En effet, en mars prochain, Greg va ouvrir une épicerie-traiteur, en association avec les anciens patrons des Caprices de Sophie. « Epicerie et Cie », située à Sainte-Foy-lès-Lyon (une banlieue chic à 10 minutes du centre-ville de Lyon) pourra servir 15 couverts le midi en plus de proposer des plats à emporter et une formule brunch le dimanche. Si Greg ne sera pas aux fourneaux (on y retrouvera Stéphane, le chef des Caprices), ce seront bien ses créations originales que l’on viendra déguster, résultats de ses recherches gustatives. Il promet notamment une joue de veau confite cuite à basse température qui devrait déménager !

Interrogé sur ce qui le guide en cuisine, Greg répond sans hésitation l’attention au  produit, nommant des fournisseurs comme la Boucherie centrale, la boucherie de Maurice Trolliet et la charcuterie de Colette Sibiliaaux Halles de LyonNe comptez cependant pas sur lui pour nous aider à régler l’éternel et quotidien problème de la « ménagère » : qu’est-ce qu’on mange ce soir ? Greg dîne en effet pas mal au resto et, s’il ne craque pas pour un fast-food, une fois chez lui, il se prépare des pâtes bolognaises, comme lorsqu’il était aux scouts. Il n’avoue d’ailleurs que des plaisirs simples : poulet à la crème (comme le lui cuisinait son grand-père, avec une volaille de Bresse, s'il vous plaît ), lasagnes et patates sautéesGageons que la carte du resto « bistronomique » que nous promet Greg en Presqu’île, à Lyon, d’ici à un an sera plus sophistiquée !

Pour retrouver Greg, vous avez le choix entre :

* la radio :  lundi 31 janvier à 11h, sur Europe 1, chez Jean-Marc Morandini,

* la TV : lundi 31 janvier, à 23h55, sur M6, dans l’émission « Top Chef, que sont-ils devenus ? »,

* son livre Dans la cuisine de Grégory (photos de Jeff Nalin), M6 Editions, 15€,

* une interview en vidéo sur You Tube,

* son épicerie-traiteur, Epicerie & Cie, Grande Rue, 69110 Sainte Foy-lès-Lyon. Ouverture courant mars 2011. 

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