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C’est avec émotion que je retrouve ce blog et vous, chers lectrices et lecteurs, après près de trois semaines d’interruption… qui m’ont semblé des lustres ! C’est dire la place que ce blog a pris dans ma vie - même si je la remets régulièrement en question, cette place... Ma santé capricieuse m’a donc tenue loin de vous (la faute aux pollens ?), mais me revoilà requinquée, quoique guère plus inspirée, que ce soit sur le plan culinaire ou littéraire. Et que fait-on quand on n’est pas inspiré(e) ? On copie… et on lit.

Grâce à mon grand frère, encore plus gourmand que moi, j’ai ainsi découvert une collection de livres qui traitent de la nourriture : les Exquis d’écrivains, chez NiL Editions. La collection regroupe une dizaine de petits livres d'une centaine de pages chacun dont je vous livre ici la description par l’éditeur lui-même :

« Petite bibliothèque gourmande contemporaine, cette collection de livres courts propose à des auteurs contemporains d’horizons différents de donner libre cours à leur imagination gourmande, en s’inspirant d’un jeu à la fois simple et dynamique de mots-clés.

 Exquis d’écrivains souhaite rendre hommage à la richesse de la langue française pour dire les plaisirs de la nourriture et constituer la mémoire littéraire de la gastronomie.

Fictions, rêves et souvenirs, chaque auteur y livre ses voyages personnels dans les plaisirs de la nourriture, sous différentes formes narratives (récits, nouvelles, dialogues, contes, poèmes…), qui donnent envie de passer à table ou de se mettre aux fourneaux.

 Exquis d’écrivains, première collection demandant à des auteurs contemporains de livrer leurs plaisirs de table et de bouche, s’adresse à tous les lecteurs gourmands et gourmets auxquels elle propose des textes intimistes et variés, émouvants ou drôles, résolument appétissants et agréables à lire. »

Si j’ai eu du mal à rentrer dans les histoires racontées par Léonora Miano dans « Soulfood équatoriale » (malgré un design de la couverture, genre textile fifties, qui m’avait séduite), j’ai beaucoup plus adhéré à l’ouvrage de Chantal Pelletier (qui dirige la collection) intitulé un peu banalement « Voyages en gourmandise » mais probablement plus proche de mon univers culinaire. Elle nous fait voyager dans le temps et l’espace, quittant Lyon et la Bresse de son enfance où elle a été bercée par la béchamel, la farine de gaudes et le gâteau de foie de volailles pour nous emmener dans le Sahara cuire une galette de semoule dans le sable ou dans un temple zen apprendre à distinguer le tarbais de l’aduki.

Une petite citation pour vous mettre en bouche (moi qui n’aime pourtant pas trop la béchamel !) :

« L’enfant s’approche du coquelon encore chaud. La béchamel a attaché et forme une mince croûte ridée collée à la fonte. Armé d’une cuillère, il gratte cette rousseur mœlleuse et recueille de longs biscuits crémeux parfumés à la muscade qu’il dévore jusqu’au dernier. Cette vaisselle gourmande est un rituel. Surtout sa récompense. 

(…) Du repas du dimanche à l’accommodation des restes, la béchamel tenait le rôle principal sur la scène de la cuisine lyonnaise, telle que la pratiquait ma mère dans les années cinquante. (…) En ces temps d’après-guerre, il était avant tout question de se nourrir. Les années noires où lait, beurre et farine blanche avaient cruellement manqué, se délayaient dans l’onctueuse lumière de ce roux blanc qui, prétendait ma mère, « allait bien avec tout ».

Je me réjouis maintenant à l’idée de découvrir «  A ma bouche » de Martin Winckler (dont j’ai récemment dévoré avec bonheur « Le Chœur des femmes ») et « L’abécédaire gourmand » de la journaliste et écrivaine Michèle Gazier, qui part d’Anorexie pour aller à jusqu'à Zan. 

En avril, j’ai donc lu… et j’ai copié la cuisine de Carole, d’Alter Gusto, dont les recettes m’attirent inlassablement. J’ai notamment ravi les papilles de mes copines invitées pour le goûter en servant un jour le gâteau au chocolat, amandes et huile d’olive, accompagné d’une bonne glace vanille, et l'autre les cookies aux amandes, fève tonka et cacao au côté de verrines purée de mangue-chantilly au lait de coco (une création de Dorian dégustée en mars chez Cookcooning).  

Et vous, qu'avez-vous lu et cuisiné ce mois passé ?

Collection Exquis d'écrivains

NiL Editions

12 euros chaque livre