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Crédit photo : prohom.com

Dans le magazine Obsession (publié par le Nouvel Observateur) du 13 novembre dernier, l’article intitulé "Food Culture – Une nouvelle mythologie urbaine" dénonce le fait que la "food" soit devenue une culture à part entière. Notre obsession pour la gastronomie monopoliserait les conversations et serait devenue une nouvelle religion. J’ose penser que tout cela n’a rien de nouveau, surtout pas en France, et me demande si ce ne sont pas les médias qui ont en partie accentué le phénomène. Obession estime encore que nous parlons plus restaurants que concerts ou ciné et que "cette culture-là est l’une des seules (…) pour laquelle il est donc acceptable de débourser son argent – et cela au moment où l’on a perdu l’habitude de payer pour la musique, le cinéma ou les séries." Le chef (de préférence barbu !) serait, selon ces journalistes, "la nouvelle rock star, pas moins."

Je suis la première à admirer des chefs (dont celui-ci et celui-là), à économiser pour tester un nouveau resto, à privilégier ma médiathèque locale et le streaming (depuis que mes nièces adolescentes m’y ont initié) mais jamais je ne me priverai de l’expérience unique d’un concert live. J’ai encore en mémoire la présence généreuse de Ben Harper, l’énergie enfantine de M, la voix incomparable d’émotion de Rickie Lee Jones… et les rythmes électro-rock survitaminés du groupe Prohom, entendu dimanche dernier.

Prenez le Périscope, une salle confidentielle dans un coin de Lyon en pleine réhabilitation, un jour de novembre particulièrement gris et plus d’une centaine de fans. Faites monter sur la scène trois (à peine) trentenaires musiciens, acolytes bien choisis de la tête d’affiche, j’ai nommé l’auteur-compositeur-interprète Philippe Prohom (accessoirement lyonnais). Branchez-les sur 1000 volts, mettez des bouchons d’oreille si nécessaire et enjoy anything but the silence ! Vous ressortirez le sourire aux lèvres, la tête dans les étoiles et, en ce qui me concerne, l’envie absolue de partager ce plaisir avec d’autres… Dont acte.

Prohom n’en est pas à sa première tournée, loin de là. Avec quatre albums et près de 1000 concerts à son actif, il a vu du pays et connu aussi des heures noires mais c'était pour mieux renaître, semble-t-il. Devenu intervenant scénique, il sait jouer de son corps et de sa présence/absence, laissant la place à ses musiciens pour des solos de guitare ou de batterie à réveiller les morts sur "Ça oublie d'aimer" ou "Chez les fous", notamment. Ce sont bien ces arrangements musicaux qui m’ont le plus enchantée ce soir-là.

Associés au bonheur d’entendre de vrais textes interprétés avec délectation par leur auteur, du plus sombre  ("Je voudrais que tu sois morte") au plus festif (le mythique « Georges). Et à celui de retrouver un artiste au mieux de sa forme et dans l’éclat de sa maturité, avec une voix plus assurée et de l’amour à revendre. Son show case s’est prolongé, au plus grand plaisir de tous, mais on aurait aimé qu’il ne s’arrête jamais. Prohom, Rock Star Forever !

Retrouvailles au printemps pour les Lyonnais (date à préciser), les mercredi 20 et jeudi 21 novembre, à la Boule Noire, pour les Parisiens, et le 29 novembre chez les Béthunois.

Dernier album : Un monde pour soi, disponible dans les bacs ou sur iTunes.  Et aussi sur prohom.com.

Et vous, plutôt concerts en série ou restos de folie ? 

NB : Si vous préférez les chefs barbus, allez découvrir la "Génération New French Bistrot" présentée dans l'Express Styles !

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